Les jeunes de la JEEP-Meinau racontent le Maroc​

Les jeunes de la JEEP-Meinau racontent le Maroc​

Les jeunes de la JEEP-Meinau racontent le Maroc

Témoignages. Des jeunes suivis par la JEEP-Meinau ont effectué un séjour éducatif au Maroc. Retour sur leur expérience.

Les jeunes de la Jeep en séjour éducatif au Maroc.
L'arrivée des jeunes de la JEEP-Meinau au Maroc

Lundi 23 décembre, on a rencontré Hichem, 18 ans, et Enzo, 21 ans. Ces jeunes ont participé au séjour éducatif au Maroc pendant les vacances de la Toussaint, organisé par l’association JEEP-Meinau. Les jeunes ont parcouru le Maroc, ses Kasbahs, son souk, ses villages traditionnels, et surtout, ils ont découvert son désert…

Dans le cadre de ses missions et actions, la JEEP a coutume d’organiser des séjours éducatifs. Paco, éducateur et un des porteurs du projet, a eu l’idée d’emmener les jeunes ailleurs qu’en France et notamment dans le désert. Les éducateurs ont constaté que les jeunes qu’ils ont connu plus petit, malgré des contacts réguliers, prennent un peu de distance vers leurs 15-16 ans, et sont moins présents au sein de la JEEP. L’idée était ainsi « de proposer a des plus grands un projet qui nécessite une inscription dans le temps et d’adapter les activités à leur âge ». Ainsi, un séjour de rupture au Maroc semblait tout à fait pertinent, permettant aux jeunes de « s’ouvrir au monde, de découvrir d’autres cultures, faire une immersion dans un milieu déshérité, de grandir, de réfléchir ».  

Une longue préparation

Toutefois, ce séjour n’a pas été des plus évident à construire et organiser.

En effet, Paco nous fait part des difficultés auxquels ils ont été confrontés : « On devait partir il y a 3 ans, mais il y a eu le covid, donc on a annulé. On a reconstitué le groupe et on a dû annuler, et encore une fois… ».  Il y a eu différentes phases dans ce projet. Il y a eu des temps de préparation en amont sous forme de réunion pour expliquer le projet, réaliser les démarches administratives nécessaires pour obtenir les passeports et partir à l’étranger, pour évaluer la participation et la présence des jeunes dans ce projet. Il y a aussi eu des actions d’autofinancement. Finalement, après des mois de préparation et d’imprévus, le départ s’est fait de manière précipitée. Les jeunes à l’origine du projet étaient présents et il n’y avait plus de restrictives COVID 19, alors ils ont sauté sur l’occasion pour partir.

Hichem et Enzo ont eu connaissance de ce projet via un appel de Paco, ils ont tout de suite été motivés. Ils avaient déjà entendu parler de ce projet via une vidéo sur Youtube du précédent séjour au Maroc. Etant un projet qui s’inscrit dans le temps, nous les avons questionnés sur l’engagement que cela implique. « Les actions d’autofinancement je les fais avec plaisir, ce n’était pas chiant. Ce n’était pas compliqué de s’engager », raconte Hichem. De son côté, Enzo nous confie : « Le séjour c’était la récompense, on travaillait pour ça. C’était ponctuel. Le plus chiant c’était de savoir quand est-ce qu’on allait partir ».

Paco revient sur le fait que cet investissement dans des actions d’autofinancement permettait aux jeunes de les « faire murir, c’est valorisant, il y a une forme de reconnaissance. Et ce séjour est une action de solidarité, de coopération avec la distribution d’affaires scolaires aux élèves du village, ils se sentent utiles, ça les enrichi ».

Les jeunes cherchaient particulièrement à découvrir le « désert », se « dépayser », découvrir les « étoiles, le ciel » et, pour Hichem, voir « si c’était le même chose que l’Algérie ».

Village de pêcheurs, souk, kasbah, désert et chameaux

Pour nous parler de leurs expériences, de leur quotidien pendant le voyage, les jeunes ont regardé les photos prises lors du séjour et nous ont fait part de ce qu’ils ont fait, d’anecdotes croustillantes sur leur vécu et des moments particulièrement époustouflant.

Par exemple, le premier jour où ils sont arrivés à destination, ils cherchaient quoi faire.

Les jeunes de la Jeep en séjour éducatif au Maroc.

Hichem avait regardé sur les réseaux sociaux, et notamment Tiktok, ce qu’il y avait à faire dans le coin. En passant les photographies d’un petit village de pêcheurs, Hichem s’exclame : « Ah ça c’est l’endroit que j’ai trouvé sur Tiktok, c’est une ville reconstituée, ils ont tout refait, c’était bien ».

Paco nous explique que « L’activité phare du séjour c’est le désert. Il y avait 2 jours où il fallait improviser. Le surf ça ne les intéressait pas, donc on est allé dans un petit village de pécheur et Hichem nous a conseiller d’aller voir ça. C’est l’ancien Agadir avant les tremblements. »

Ils ont aussi fait le Souk. Selon Paco, « le souk c’est un lieu où on rencontre beaucoup de regards, de sourire. On t’appelle, vient la gazelle ». Enzo poursuit, « c’est intéressant, il y a beaucoup de choses à voir, on trouve de tout, ça n’a rien à voir avec ceux d’ici ». Pour Paco « c’est un théâtre, les gens s’expriment, c’est un spectacle, un musée ». Enzo complète « ils ne vendent pas, ils animent leur stand ».

En allant voir une mosquée, ils se sont arrêtés à une source « il faisait chaud là-bas je m’en souviens », puis ils ont découvert une kasbah, autrement dit une grande maison.

Ils ont pris la route pour aller au désert, Hichem nous raconte ce périple. « Sur la route du désert, il y avait une forêt de palmier, et en montant on voyait tous les palmiers, j’ai adoré ça ». Ce dernier semblait être marqué par ce paysage. Enzo, était étonné de voir des palmiers : « Tu ne te dis pas que dans le désert il y a des palmiers, c’est à la plage, pas au désert ».

Les jeunes de la Jeep en séjour éducatif au Maroc.
Il y a des palmiers dans le désert marocain

Arrivés au désert, les jeunes nous racontent qu’ils ont dormi dehors, il faisait chaud la journée mais froid le soir, et cela ne les a pas empêché de dormir à la belle étoile. Enzo nous dit « c’était mieux [de dormir] dehors que dedans », Hichem confirme : « déjà qu’on était là, il valait mieux ! ».

Il nous raconte une anecdote « Un matin, il y avait des traces de chiens, Yannick [éducateur de la JEEP] nous a dit qu’il avait entendu du bruit la nuit ».

Ce qui était le plus impressionnant pour Enzo c’était « l’ambiance, la vue, tout ! C’était apaisant de rien voir au loin, c’est calme, il n’y a pas de bruit, on est coupé du monde ». De son côté, Hichem a vraiment été subjugué par le ciel étoilé : « la vue et la nuit, avec les étoiles, j’ai vu des étoiles filantes. Le ciel était beau [il nous montre des photos sur son téléphone]. Il n’y a rien au loin. Ça a répondu à mes attentes, à ce dont j’imaginais ».

Les jeunes de la Jeep en séjour éducatif au Maroc.
Le ciel étoilé du désert

Les jeunes ont aussi eu l’occasion de faire de monter à dos de chameaux dans le désert. Hichem nous raconte cette anecdote : « C’est comme faire du cheval, ça ne fait pas peur […] par contre pour les rentrer c’était galère. Il y a tout une technique pour les attraper, c’était dur ».

Le désert marocain a marqué les jeunes de la JEEP

Distribution d’affaires scolaires dans un village

Par la suite, les jeunes nous ont raconté la distribution d’affaires scolaires qui ne s’est pas passée comme prévu. En effet, initialement ils devaient aller dans une classe pour cette distribution mais ce séjour a eu lieu pendant les vacances scolaires marocaine. De ce fait, ils ont fait la distribution dans le village. Les jeunes regrettent de ne pas être restés plus longtemps, de ne pas avoir pu échanger avec eux. « C’est passé trop vite », souffle Enzo. « Ils nous voyaient comme des super-héros, je ne voulais pas ça, j’aurai aimé jouer avec eux. Cette image de moi où tu donnes et tu pars, ça ne m’a pas plus », poursuit Hichem.

Les jeunes de la Jeep en séjour éducatif au Maroc.

« Ils étaient contents de nous voir, j’aurais aimé passer plus de temps avec eux. Ça m’a ouvert les yeux. Pour nous, les affaires scolaires et les bonbons ce n’est rien, on n’a pas la même réaction. On se plaint trop… Mais il y a pire. J’essaie de moins me plaindre maintenant. Ce qui est dommage c’est qu’il n’y avait pas assez pour tout le monde, on avait prévu pour une classe mais étant en vacances scolaires, tous les enfants du village sont venus. En voyant leur réaction, je me suis dit que si j’avais su, j’aurai acheté plus », explique Enzo.

 

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Les jeunes de la Jeep en séjour éducatif au Maroc.
Les Tee-shirts de l'association "Les Petits princes"

« J’avais floqué des t-shirts aussi pour l’association Les Petits Princes », affirme Paco.  T-shirts qui ont été donné aux membres du camp qui a accueilli les jeunes avec grand plaisir (photo ci-dessus).  

L’anecdote du Hammam !

Par la suite, ils ont fait une immersion dans ce village.

« L’eau vient d’un tuyau tout en bas. Le village il était en hauteur, avec Yannick on a marché pour le monter, les autres ils ont pris le tri porteur avec Paco », raconte Hichem.

Ils ont aussi découvert ce qu’était un Hammam typique. Paco nous explique que traditionnellement, dans leur massage, le personnel te frotte le corps afin de retirer les peaux mortes. Et forcément, il faut se dévêtir. En voyant Paco commencer, les garçons ne souhaitaient pas se prêter au jeu, au vu de leur pudeur et de leur rapport au corps. Toutefois, Enzo confie : « Le temps que je lui dise non, il m’avait déjà mis par terre ».

« Paco, c’est quand qu’on repart ? »

Ainsi, ce séjour a été pour eux riche en anecdotes et en découvertes. C’est une expérience qui leur reste gravée en eux. De bons souvenirs. D’ailleurs, avant même de commencer la soirée sur le récit de leur séjour au Maroc, Hichem et Enzo ont demandé : « Paco, c’est quand qu’on repart ? »

Le voyage permet de se dépayser, de découvrir, de s’enrichir et de grandir. Ce sont bien les objectifs des séjours éducatifs proposés par la JEEP-Meinau.

Les jeunes de la Jeep en séjour éducatif au Maroc.
Un séjour qui restera gravé dans les esprits

Voici une vidéo sur un précédent séjour effectué au Maroc avec la JEEP-Meinau :

JEEP-Meinau